Les Nations Unies s'interrogent sur les biocarburants

Le vice-président du programme ONU-Energie, Gustavo Best a appelé, au début du mois, les pays à développer leur savoir sur la question des bioénergies et à mener des politiques centrées sur l’interaction entre les secteurs de l'énergie et de l'agriculture. Il a souligné notamment que « Chaque décision devra être prise au regard de la complexité des secteurs de l'énergie et de l'agriculture, c'est là toute la difficulté ». Les implications sont multiples et Best indique que pour les agriculteurs, « il y aura des gagnants et des perdants, c'est une réalité qu'il faudra prendre en compte dans la prise décision ».
Le rapport aborde neuf questions de durabilité liées aux bioénergies : la pauvreté, le développement agro-industriel, la santé, l'agriculture, la sécurité alimentaire, le financement, le commerce, la biodiversité et les changements climatiques.
Mats Karlsson, président d'ONU-Energie a souligné que « L'énergie ne fait pas partie à proprement parler des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), mais aucun progrès ne peut être réalisé vers ces objectifs sans l'énergie ».
Alexandre Muller, sous-directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et responsable du Département de la gestion des ressources naturelles et de l'environnement de l'organisation, a rappelé que 1,6 milliard de personnes n'ont pas accès à l'électricité dans le monde et que 2,4 milliards dépendent de la biomasse traditionnelle, à savoir principalement le pétrole et le charbon, des énergies qui en plus d'être polluantes et fossiles nécessitent des coupes de bois. « Les bioénergies constituent une énorme opportunité pour avancer mais il nous faut un cadre politique, pas seulement pour les pays développés ou en vue d'atténuer les effets du changement climatique, mais pour les pays pauvres », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de définir « des indicateurs internationaux de durabilité ».
La production de biocarburants liquides peut menacer la disponibilité de productions de nourriture en détournant l’utilisation des terres agricoles. Nombres des plantations destinées à la production de biocarburants réclament les meilleures terres, beaucoup d’eau et des fertilisants chimiques nocifs pour l’environnement. Si les biocarburants peuvent créer des emplois dans les régions rurales pauvres, la production de biocarburants favorise la mise en place de grandes exploitations ce qui risque de pousser à l’expropriation des petits agriculteurs par l’agriculture industrielle.
La tonalité de l’ONU à propos des biocarburant devient donc plus pessimiste, ce qui tranche avec les premiers rapports publiés individuellement par les agences onusiennes.






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