Les Nations Unies s'interrogent sur les biocarburants

ONU-Energie (organisme mis en place lors de la conférence de Johannesburg en 2002 afin de concentrer toutes les informations du système de l'ONU concernant l'énergie) vient de publier un rapport intitulé Sustainable Bioenergy : A Framework for Decicion Makers, dont la présentation a été faire à Rome le 8 mai, et dont les implications doivent être prises en compte dès aujourd’hui.
Le vice-président du programme ONU-Energie, Gustavo Best a appelé, au début du mois, les pays à développer leur savoir sur la question des bioénergies et à mener des politiques centrées sur l’interaction entre les secteurs de l'énergie et de l'agriculture. Il a souligné notamment que « Chaque décision devra être prise au regard de la complexité des secteurs de l'énergie et de l'agriculture, c'est là toute la difficulté ». Les implications sont multiples et Best indique que pour les agriculteurs, « il y aura des gagnants et des perdants, c'est une réalité qu'il faudra prendre en compte dans la prise décision ».
Le rapport aborde neuf questions de durabilité liées aux bioénergies : la pauvreté, le développement agro-industriel, la santé, l'agriculture, la sécurité alimentaire, le financement, le commerce, la biodiversité et les changements climatiques.
Mats Karlsson, président d'ONU-Energie a souligné que « L'énergie ne fait pas partie à proprement parler des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), mais aucun progrès ne peut être réalisé vers ces objectifs sans l'énergie ».
Alexandre Muller, sous-directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et responsable du Département de la gestion des ressources naturelles et de l'environnement de l'organisation, a rappelé que 1,6 milliard de personnes n'ont pas accès à l'électricité dans le monde et que 2,4 milliards dépendent de la biomasse traditionnelle, à savoir principalement le pétrole et le charbon, des énergies qui en plus d'être polluantes et fossiles nécessitent des coupes de bois. « Les bioénergies constituent une énorme opportunité pour avancer mais il nous faut un cadre politique, pas seulement pour les pays développés ou en vue d'atténuer les effets du changement climatique, mais pour les pays pauvres », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de définir « des indicateurs internationaux de durabilité ».
La production de biocarburants liquides peut menacer la disponibilité de productions de nourriture en détournant l’utilisation des terres agricoles. Nombres des plantations destinées à la production de biocarburants réclament les meilleures terres, beaucoup d’eau et des fertilisants chimiques nocifs pour l’environnement. Si les biocarburants peuvent créer des emplois dans les régions rurales pauvres, la production de biocarburants favorise la mise en place de grandes exploitations ce qui risque de pousser à l’expropriation des petits agriculteurs par l’agriculture industrielle.
La tonalité de l’ONU à propos des biocarburant devient donc plus pessimiste, ce qui tranche avec les premiers rapports publiés individuellement par les agences onusiennes.
Informations relative
Jean Ziegler, expert des nations unis appelle à un moratoire de 5 ans pour la production de biocarburants.
Jean Ziegler, rapporteur spécial des nations unis sur le droit a l'alimentation a appelé à un moratoire de 5 ans sur la production de biocarburants. Il soulève l'argument, que nous avons déjà évoqué, considérant que l'utilisation du Maïs, du sucre, ... comme matière première du marché énergétique aura pour effet irrémédiable d'entrainer une hausse des prix de la nourriture, de l'eau et des terres cultivables.
Le développement de l'éthanol fait-il monter les prix de la nourriture?
Avec la hausse du prix du pétrole, l'éthanol se présente de plus en plus comme une alternative viable aux carburants traditionnels. L'éthanol est un biocarburant ou plutôt un agrocarburant c'est-à-dire issu de l'agriculture. Il s'agit de la filière alcool de la production d'agrocarburant. Il existe plusieurs controverses sur le recours à l'éthanol pour alimenter les voitures. Une première controverse tourne autour de la question suivante: le biocarburant est-il plus propre? Une autre controverse concerne plus indirectement l'impact du développement des cultures destinées aux biocarburants sur le secteur agricole, avec le risque de détournement des cultures alimentaires ou l'utilisation intensive d'eau pour l'irrigation. Alors que l'ONU s'interroge sur les biocarburants et pointe du doigt le biodiesel dans l'augmentation du prix des céréales, il est nécessaire de s'interroger sur la relation entre le développement des agrocarburants et la hausse du prix des denrées alimentaires.
Des profesionnels à votre service
Accès direct
Véhicules de série
Prototypes
Moteurs